Décider seul fait partie du rôle attendu du dirigeant. En réalité, si l’on attend du dirigeant qu’il assume les conséquences de ses décisions, les prendre seul n’est pas toujours la meilleure option. voici comment l’isolement peut impacter nos décisions, et ce qu’un regard extérieur peut apporter.
Il y a un moment que beaucoup de dirigeants connaissent. La journée est finie, les équipes sont parties, et une décision reste posée sur le bureau. La vie d’un dirigeant, on le sait, est rythmée par de nombreuses décisions à prendre, quelquefois en urgence ou avec un peu plus de prise de recul possible. Embaucher ou attendre. Se séparer d’un client, d’un collaborateur. Investir ou temporiser. Personne ne peut la prendre à votre place, et c’est précisément ce qui la rend lourde. Vous n’êtes pas obligé de la prendre seul mais vous seul, en assumerez les impacts et les conséquences! Ce qui peut parfois être pesant! Décider fait partie du rôle. Décider seul, sans personne avec qui réfléchir vraiment, c’est autre chose. C’est cette différence que nous voulons explorer ici : ce qu’elle change dans la qualité de nos choix, et ce qu’un accompagnement peut apporter.Porter la responsabilité seul, ce n’est pas penser seul
Le dirigeant reste le décideur final et il répond de ses décisions. Nous l’écrivions dans notre article sur la prise de décision et les bonnes questions à se poser : c’est normal, et c’est même ce qui fait la fonction. Mais nous ajoutions aussi qu’une décision peut, et doit, se nourrir d’avis différents, et que demander un regard extérieur relève de l’humilité, pas de la faiblesse. La nuance est là. La responsabilité de trancher ne se partage pas. La réflexion qui précède, elle, peut se partager. Dans la pratique pourtant, les deux se confondent : on a l’habitude de porter seul le poids de la décision, alors on finit par réfléchir seul aussi.Comment on se retrouve seul sans l’avoir choisi ?
Rarement par décision. Plutôt par accumulation de petites raisons. On ne peut pas toujours tout dire à ses équipes. Certaines informations ne se partagent pas et un dirigeant qui doute semble hésiter trop souvent devant ses collaborateurs craint de les inquiéter. Soulignons ici,pour être juste que c’est plus l’absence de décision qui crée l’insécurité chez ses salariés que l’hésitation qui elle peut être expliquer à minima. Les proches, eux, sont parfois trop près de l’enjeu, ou trop loin du métier pour poser les bonnes questions ou ne souhaitent simplement pas y être associés. Les pairs ont peu de temps, et il n’est pas toujours simple d’avouer à un confrère que l’on hésite. Il y a aussi l’image dans laquelle on s’enferme à tort. “On attend du dirigeant qu’il sache où il va.”Assumer et dire «je ne sais pas encore» demande un peu de courage et est pourtant tellement plus authentique, une authenticité qui renforce une image positive!
Ce que l’isolement fait à nos décisions
Sans prétendre tout mesurer, on observe quelques mécanismes très courants. On tourne en rond. Les mêmes arguments, le même cadre de référence, les mêmes réflexes. Sortir de son cadre habituel de raisonnement, c’est justement ce qui fait émerger d’autres options, et c’est parfois difficile à faire seul. On repousse, ou on tranche trop vite. Faute de partenaire d’appui pour poser les choses et les mesurer objectivement, certains reportent indéfiniment, d’autres décident dans la précipitation pour en finir avec le poids. Dans les deux cas, l’urgence est rarement bonne conseillère. On ne teste pas ses hypothèses. Personne ne confronte notre manière de voir la situation et nous demande «qu’est-ce qui te fait penser cela ?», «et si c’était l’inverse ?». Ce qui nous paraît évident le reste, y compris quand ça ne l’est pas. Nous restons ainsi dans nos certitudes. On porte les émotions avec la décision. Le doute, la peur de se tromper, la fatigue : sans lieu où les déposer, tout cela s’ajoute au dossier. Nous l’évoquions dans notre article sur la santé globale du dirigeant : la lucidité et l’énergie du dirigeant se répercutent sur toute l’entreprise et la fatigue mentale ou émotionnelle fait partie des signaux à ne pas ignorer.Ce qu’apporte un accompagnement
Accompagner un dirigeant, ce n’est pas décider à sa place. Il reste le décideur. Ce que nous proposons, c’est un cadre pour mieux réfléchir avant de trancher. Un espace pour penser à voix haute. Mettre une situation en mots devant quelqu’un d’extérieur oblige à la clarifier. Il arrive que le simple fait de l’exposer fasse apparaître ce que l’on ne voyait pas. Un coaching offre pour cela un espace sécurisé, à l’écart du quotidien. Des questions plutôt que des réponses. Pour quoi cette décision ? Qui est concerné, à court et à long terme ? Que se passe-t-il si elle n’est pas prise ? Ce sont les questions que nous détaillions dans l’article sur la prise de décision, et que l’on s’autorise rarement à se poser soi-même avec rigueur. Un regard sans enjeu. Ni hiérarchique, ni affectif, ni commercial. Quelqu’un qui n’a rien à gagner ni à perdre de votre choix, et qui peut donc le questionner librement. Un retour vers ses propres ressources. Frédéric Wieder, chef d’entreprise que nous avons accompagné, le résume ainsi dans son témoignage, sur la page de notre accompagnement des dirigeants : les ressources retrouvées étaient déjà présentes dans l’entreprise, mais mal exploitées. Le regard extérieur aide souvent à les remettre en lumière. Un suivi dans la durée. Chaque séance débouche sur des actions concrètes à expérimenter entre deux rendez-vous, puis à reprendre ensemble. La décision est ainsi testée dans la réalité, pas seulement réfléchie.
Trois gestes à essayer dès cette semaine
Avant même d’envisager un accompagnement, vous pouvez déjà vous donner un peu d’air.- Écrire la décision en une phrase, puis sa finalité. « Je dois décider de… pour… ». Si la deuxième partie est difficile à écrire, c’est déjà une information.
- Choisir une personne extérieure à l’enjeu et lui demander d’écouter. Pas de conseil, pas de solution : simplement vous laisser exposer la situation. Tout l’intérêt d’une écoute active est là.
- Se fixer une date de décision. Quand c’est possible, se donner le temps du recul. Une date évite à la fois de précipiter et de repousser sans fin.
Réfléchir à plusieurs, décider seul
Être seul à trancher fait partie du métier de dirigeant. Être seul à y réfléchir n’est pas une obligation. Si vous dirigez une PME, une structure médico-sociale ou une autre organisation et que cette situation vous parle, découvrez notre accompagnement des dirigeants, ou notre page coaching management à Lille.Et si vous préférez en parler d’abord, contactez-nous : un premier échange ne vous engage à rien.À lire aussi : Prise de décision : les bonnes questions à se poser pour des décisions justes · La santé globale du dirigeant






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